Gigot Bitume

Gigot Bitume
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Animation peu commune ce jeudi 30 avril 2026 sur le chantier des halles Saint-Louis à Brest. L’entreprise Britton, entourée de ses sept sous-traitants (Smac, Bihannic, 4M, Cegelec, Dourmap, Atlantic Isolation Projection et TNS), a marqué une étape symbolique du projet en organisant un **gigot bitume**, une tradition emblématique du secteur du bâtiment et des travaux publics. Le gigot bitume, aussi appelé « gigot de chantier », remonte à plusieurs décennies. À l’origine, il était pratiqué directement sur les chantiers routiers : les ouvriers profitaient de la présence de bitume chauffé — utilisé pour les enrobés — pour improviser une cuisson collective. Les gigots, soigneusement enveloppés dans plusieurs couches de papier kraft puis de toile ou de sacs de jute pour garantir l’étanchéité, étaient plongés dans une cuve de bitume en fusion. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la viande n’entre jamais en contact direct avec le bitume : l’emballage agit comme une barrière hermétique, permettant une cuisson lente, proche d’une cuisson en basse température. Ce procédé offre une chaleur constante, autour de 180 à 200 °C, idéale pour cuire la viande en profondeur sans la dessécher. Après une immersion d’environ une heure et demie à deux heures, les gigots sont retirés, débarrassés de leur enveloppe noircie, et révèlent une chair particulièrement tendre et juteuse, presque confite. Le goût, lui, reste celui de l’agneau, sans aucune altération liée au bitume. Au-delà de l’aspect culinaire, le gigot bitume est surtout un moment de convivialité. Il marque traditionnellement la fin du gros œuvre, une étape clé dans un chantier, et permet à tous les intervenants — ouvriers, chefs de chantier, entreprises partenaires — de se retrouver autour d’un repas atypique. Une manière de célébrer le travail accompli, de renforcer les liens entre équipes, et de perpétuer un savoir-faire qui tend à se raréfier. À Brest, quinze gigots ont ainsi été préparés selon cette méthode spectaculaire. Une parenthèse chaleureuse au cœur du chantier, où tradition et camaraderie ont, le temps d’un repas, pris le dessus sur le béton et les échafaudages.

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